Sens dessus-dessous – Pierres Précieuses

Il était une fois…

Un désert. Des dunes.

Une palette de beige à perte de vue.

Un ciel bleu intense.

Comme un tableau qui s’offre à nous.

Un tableau majestueux.

Un horizon illimité comme une ligne de direction à suivre, une chance à saisir.

Des courbes, des nuances, des virages à prendre, à ressentir, à accepter.

Le tableau d’une vie.

Une légère brise vient se frotter à nous.

Un rayon de soleil tente de nous percer à jour en nous réchauffant le visage.

Et nous, des enchanteresses du désert ? Des déesses du désert ?

Nous nous tenons là, face à l’immensité.

On va se mettre en route vers le trésor de notre vie.

Vers notre premier trésor.

Comment allons-nous appréhender ce voyage ?

Suite 1 – A se couper le souffle

Un pas. Deux pas.

Je me sens petite, la nature est beaucoup trop vaste.
Est-ce que cela existe l’inverse de la claustrophobie ? La peur des grands espaces ?
Je ne sais pas, je réfléchirai à ça plus tard.
Qu’est-ce que je fais ici ?

Je ne sais pas non plus. Je vais continuer d’avancer, je ne devrais pas tarder à être éclairé.

Troisième pas.
Eh oh ! Quelqu’un m’entend ?
Oui, c’est beau comme paysage, mais un tout petit ennuyeux quand même – pour ne pas dire beaucoup, c’est partout pareil : du beige, du beige et encore du beige.

Je m’arrête.
Quel sens je prends ? Droite ? Gauche ? Tout droit ?
Ou peut-être que le choix à faire est de rester là et d’attendre finalement.
Oui, je vais m’assoir un peu.

Il ne se passe toujours rien.
S’il vous plaît ? Est-ce que l’on peut me donner un indice ?

Et voilà que maintenant le vent se lève, génial.
Le sable me fouette de toute part. C’est quoi cette expérience ?

Je ne vois plus rien, ça me pique les yeux.
Le vent est de plus en plus fort. Son bruit strident me fait mal.
Je me bouche les oreilles. Me recroqueville. Met la tête dans mes jambes. Et je prie, prie pour ce que cela se termine au plus vite. Vous savez, ces prières de dernière chance emplie de désespoir.

Des heures plus tard.
Je suis toujours en boule. Je ressemble à un château de sable. Mais au moins, le vent s’est calmé.

Je peine à me relever.
Quatrième pas. Huitième pas.

Voilà que c’est le tour du soleil, il se met à chauffer. C’est soit tout, soit rien avec lui. Depuis le début de mon périple, je ne l’ai pas vu – ou alors je n’ai pas fait attention – et maintenant, il me brûle presque la peau.
Et je n’ai toujours pas compris ce que je fais ici ni où aller, quoi faire, dans quel sens, quoi être.

Et après, on dit qu’il faut se laisser guider par la vie, recevoir les signes pour apprendre et grandir.
Bla bla bla.

Un jour entier que je suis ici et rien.
Est-ce que ce fameux trésor qui m’attend est vraiment important ?
Pas sûr, je vais retourner en arrière, de toute façon, c’est peine perdue.
Si vraiment, cette récompense m’est utile. Elle reviendra bien vers moi.
Allez, demi-tour.

Suite 2 – A se donner du souffle

C’est beau. Ce tableau, rempli de nuances, est tellement beau.
Un pas. Deux pas.

Je me sens toute petite dans cet immense décor.
Mais je lève la tête et je le vois.
Je me laisse guider par la brillance incessante du soleil.
Il me donne ma direction.

Troisième pas. Quatrième pas.
Je suis en bas d’une dune qui a l’air de vouloir toucher le ciel.
Le vent se lève.
Je suis dans un brouillard de sable géant.
Je me retourne, je ne vois même plus les traces de mes pas.
Je regarde devant, je devine tout juste la lumière, ce n’est plus que de la poussière d’étincelles, par-ci par-là.
J’avance tout de même.

Cinquième pas. Cinquième pas.
Impossible d’avancer, le vent est plus fort que moi.
Je sens de l’eau salée venir titiller mes rétines.
Grande inspiration. Et je cours.
Un peu plus loin, entre deux dunes, un creux n’attendait que moi.
Je me cache à l’intérieur. Tout va bien.

Je n’ai pas besoin de me recroqueviller. J’ai confiance.
Confiance en moi et en les messages du vent, il ne s’est pas levé pour rien.


La douce mélodie, quand il s’engouffre entre les dunes, est fascinante. Comme un orgue, grandeur nature.

Il se calme déjà. Je reprends ma route.
Sixième pas. Vingtième pas.

Les rayons du soleil sont de plus en plus intenses.
Ils me brûlent la peau. J’ai la sensation d’être du bois et le soleil mon allumette.
J’ai envie de me cacher de lui. De me protéger. Mais je me souviens qu’il est mon guide depuis le début de mon chemin.
Alors, je décide de danser avec lui.
Je saute par-dessus un rayon, roule sous un autre.
Je me sens libre et rayonnante.

Centième pas.
Je suis de l’autre côté du désert.
Je m’arrête un instant. Cela n’a pas été sans émotions. Mais je suis heureuse, je ne me suis jamais sentie autant vivante.

Un peu plus loin, mon trésor, ma récompense m’attend.
Une malle remplie de pierres précieuses.
Je souris, de ces sourires au doux goût de sel.
Mais mon trésor, est-ce ces pierres précieuses. 

Ou, est-ce tout ce que j’ai ressenti, entendu, vu, compris ; pendant mon chemin ?

Publié par bymorganedallagnol

💕 RêveuseCréativeAmbitieuse. 💕

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