Sens dessus-dessous. 1 histoire. 2 angles.

Je me lève. J’ouvre les portes de mon dressing, la senteur de ma lessive préférée vient me titiller les narines. Je choisis ma tenue du jour, l’enfile. La brosse glisse dans mes cheveux et défait un petit nœud de la nuit – aïe. Je souffle sur mon pinceau, des particules de poudre s’évaporent dans l’air. Direction le café.

La tasse fumante me réchauffe les doigts, l’esprit et le corps. Je peux sortir. Tout va bien.

Les rayons du soleil s’amusent avec les fenêtres des immeubles. C’est beau. La vie est là. Le bruit des voitures, le sourire des passants, la douceur d’un matin de février, quand le printemps fera bientôt son retour. Et moi, moi, je m’apprête à vivre une journée.

Une journée qui débute bien. Mon café du matin a égayé mes papilles, mon trait d’eye-liner est parfait et ma robe de soie violette est ma pièce préférée.

Et ce soir, j’ai mon deuxième date avec mon bel inconnu rencontré sur le net. Voilà pourquoi j’ai choisi ma robe favorite et les escarpins dans le sac. C’est parti, je suis en bas de l’immeuble. Montée jusqu’au sixième étage, les portes s’ouvrent sur l’open space clair et empli de chaleur.

Ma démarche est sereine et assurée. Joviale, je souris à tout le monde. Je m’installe, toujours le bonheur aux lèvres.

________________________________________________________________________________________

La moi BIS.

Et là, un simple mail va venir éteindre ma joie communicative de ce lundi. Quatre lignes de mon manager m’annonçant que je n’assurerais finalement pas la présentation de mon nouveau produit lors de la réunion de groupe du mois. Ce Graal revient à ma collègue de bureau.

Uppercut. Arrêt sur image. Larmes qui pointent. Je suis déstabilisée. Une trappe s’ouvre sous mes pieds. Je tombe. Je perds pied.

Que faire ? Comment réagir ?

Je file me cacher aux toilettes. Je ne vois même pas les murs, les couleurs, les visages que je croise. Je m’enferme. Je peine à respirer. Je pleure. J’ai envie de crier. Une colère monte. Une blessure profonde se réveille.

Je ressors de ma cachette le visage défait. Je vois de nouveau ce qui m’entoure. Les murs de cette pièce sont tellement gris. Comment est-ce possible que je n’aie pas vu plus tôt l’état d’esprit et le cœur de pierre de cette entreprise ? Pourtant, c’est inscrit directement dans le béton.

C’est toujours la même histoire. Mon avis, mes envies, mes idées sont toujours relégués au second plan. Je suis toujours la dernière roue du carrosse. A la maison, à l’école, dans mon groupe de copines, avec mes chéris.

Pourquoi la vie m’en veux ainsi ? Pourquoi elle s’acharne sur moi ?

Ma robe violette ne me remonte plus du tout le moral. Tiens quand j’y pense, est-ce qu’elle m’a vraiment porté chance un jour ? Je vais annuler le date de ce soir. De toute façon, la journée est gâchée.

Pilote automatique lancé pour aujourd’hui et on verra la suite demain.

________________________________________________________________________________________

La « vraie » moi

Et là, un simple mail va venir titiller ma joie communicative de ce lundi. Quatre lignes de mon manager m’annonçant que je n’assurerais finalement pas la présentation de mon nouveau produit lors de la réunion de groupe du mois. Ce Graal revient à ma collègue de bureau.

Bon ok. J’encaisse le choc. Respirations. J’inspire, j’expire.

Des souvenirs passés remontent, je les sens arriver avec leurs gros sabots. Ils viennent de loin, et pourtant, une petite ouverture et ils se faufilent à une vitesse incroyable. Il faut que je reprenne mes esprits. Je file me cacher aux toilettes.

Mon cerveau et ma vue sont brouillés, peut-être que certains de mes collègues me parlent, peut-être qu’une alarme incendie retentit, je ne sais pas. Je ne saisis rien. Je referme la porte.

Être seule et coupée du monde m’aide beaucoup. Je peux me recentrer, me concentrer sur ma respiration. Je reprends petit à petit possession de moi. Ok, tout va bien.

Il y a sûrement une explication plausible. Ou, est-ce que la vie a voulu me donner un coup de pouce ? Est-ce que j’étais réellement prête ? Est-ce que j’ai creusé mon idée jusqu’au bout ? J’ai peut-être l’occasion, servie sur un plateau d’argent, de rendre mon idée et ma présentation encore plus mémorable. Je ressors.

Je vois le soleil chercher son reflet entre les baies et l’inox de mon bureau. Je devine l’énergie perturbée de ma collègue qui va devoir se lancer dans l’arène. Je lis les mots accrochés aux murs, notre slogan : avec nous, vos envies deviennent réalité.

Oui, mes rêves vont devenir réalité. Mon idée va charmer. J’ai un mois pour retravailler le sujet. Et pour briser les chaînes du passé. Ma revanche est là.

Ma robe fétiche va m’accompagner durant cette préparation avant la montée sur le ring. J’ai bien fait de la mettre ce matin.

Publié par bymorganedallagnol

💕 RêveuseCréativeAmbitieuse. 💕

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :