The True Story.

« Ma machine déraille. »

Comme sur un fil.

Ma machine déraille. Pourtant, elle est installée confortablement sur une table stable. Pourtant, elle est branchée à une prise qui lui offre toute l’énergie dont elle a besoin. Pourtant, elle est habituée à coudre avec parfois des tissus souples, parfois des tissus compliqués. Mais non, elle perd le fil. Ou, elle se laisse prendre par la rapidité du fil, je ne sais pas trop.

Je ne sais pas trop, si le fil est trop tendu. Ou pas assez. S’il est trop fin et qu’il est compliqué de tenir la ligne. Ou trop rigide, ce qui lui demandera beaucoup plus d’effort pour faire son travail. Histoire compliquée. Est-ce que la machine a besoin de repos ? D’être débranchée ? Est-ce que le fil est trop mouvant et empêche de tenir le cap ?

En réalité, la machine, c’est moi et le fil, c’est mon chemin. Chemin sur lequel j’essaie de trouver l’équilibre et de tenir.

Et en ce moment, je ne sais pas vous, mais moi, j’ai un peu l’impression que le fil bouge dans tous les sens. Comme un fil moqueur, il essaie par tous les moyens de me faire danser, sauter. De me faire perdre pied. Quel farceur !

Du coup, la machine et le fil ne sont plus vraiment copains et n’arrivent pas à trouver de tissu d’entente. Très compliqué ! Tantôt la tête en bas, tantôt le cœur en haut. Tantôt des pirouettes, tantôt des sauts de chat. Tantôt une main comme dernière prise avant de tomber, ou un pied.

Pour le moment, le fil bat la machine à plates coutures. Et ça donne une robe avec des coutures en zigzag. Bon, au moins, c’est original !

Peut-être que les métaphores de couture ne vous parlent pas trop. Moi si, dommage pour vous. Oups, le fil moqueur a déteint sur moi. Je rigole.

Imaginez que vous soyez sur une falaise et que vous devez traverser la vallée pour rejoindre l’autre falaise. Pour cela, vous devez apprendre à marcher sur un fil, tendu entre les deux. Déjà, rien que là, la trouille monte ! Mais en plus, ce fil n’est pas toujours stable. Parfois, le vent le frôlera et vous, vous devrez apprendre à maîtriser votre centre pour garder l’équilibre.

Parfois, la visibilité sera réduite par du brouillard, et il vous faudra alors faire remonter en vous de nouveaux super-pouvoirs oubliés au fond de la malle. Et d’autres fois, le soleil – le reflet de votre propre lumière – brillera tellement en face de vous, que vous serez comme tétanisé.e. Vous voudrez alors tenter un pas en arrière, qui vous mettra peut-être plus en péril que de continuer d’avancer.

Est-ce que vous situez mieux la scène avec cet exemple ?

Mais le fil, qui est-il ? L’Univers ? La vie ? Notre projection ? Pourquoi est-il farceur ? Pour nous faire tomber ? Pour rendre plus fort ? Pour nous permettre d’avancer ?

Pour en revenir à mon travail de couture : il me donne du fil à retordre en ce moment. C’est fou la vitesse avec laquelle on peut sortir de la ligne et dérailler, puis, la minute d’après se sentir de nouveau axé, aligné avec le fil.

Et cela veut dire que rien n’est jamais figé. Que tout peut changer dès demain, ou après-demain. Que nous pouvons décider de comment être sur ce fil chaque minute, chaque seconde.

Cela veut aussi dire que nous connaîtrons d’autres déraillements. Mais les zigzags, les fêlures, les courbes, c’est ce qui fait le charme et la beauté de notre être, non ?

Publié par bymorganedallagnol

💕 RêveuseCréativeAmbitieuse. 💕

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